Manta : le thon et les mini-shorts

9

Manta n’est pas vraiment une jolie ville. Partout, des petits immeubles en béton, souvent pas complètement terminés, parfois juste avec les briques apparentes. Les finitions ça sera pour plus tard. Beaucoup de façades colorées, avec une préférence pour le rose vif et le bleu, parfois du jaune, très souvent du orange. Des petits endroits pour manger, avec leurs grandes pancartes qui affichent le menu du jour, généralement du poulet et du riz, du poisson grillé et … du poulet et du riz. Pollo asado, le poulet rôti pour un almuerzo pas cher. Tout est écrit en grosses lettres colorées, on ne peut pas les rater. Dans le centro, les rues sont comme d’habitude un marché extérieur géant. Chacun vend quelque chose, des culottes à des prix imbattables, des cartes pour les téléphones, des sacs à dos, des ananas et des tomates. Entre autres. Je veux tout acheter mais je n’achète rien. C’est ça d’avoir juste un sac à dos pour bagage. Les rues rectilignes se croisent à angle droit, en un immense damier, parfois un peu fatigué et usé, parfois ultra moderne. C’est selon le quartier. La calle 3, la calle 4, la calle 5 croise la carrera 11, 12, et 14. Et ainsi de suite. Presque comme aux États-Unis (si l’on fait abstraction de tout le reste bien-sûr). Ici on indique le chemin en quadras, l’équivalent de notre pâté de maison ou du bloc américainLe terminal de bus ? Deux quadras tout droit, tu tournes à droite et encore 3 quadras. Merci bien.

On aperçoit les traces du tremblement de terre de l’année dernière. Certains immeubles attendent encore d’être réparés, on peut apercevoir à travers un mur éventré ce qui avait été autrefois la cuisine de quelqu’un. Il y a encore le carrelage au mur. Proche de l’océan, un immense centre commercial hyper moderne est presque terminé. le Mégamaxi. L’ouverture est pour cette semaine. Des magasins touts neufs et un nouveau supermarché gigantesque pour les habitants de Manta. À côté, des immeubles pour les plus riches. Le port est lui aussi immense, et pour cause, la pêche au thon, c’est l’activité numéro uno de la ville. D’où le magnifique thon géant qui trône au milieu de l’immense rond-point chaotique (ici, tu t’insères dans le rond-point coûte que coûte, malgré l’énorme bus qui arrive sur ta gauche à toute vitesse). Des pêcheurs, des bateaux, des petis poissons, des gros poissons. Ca sent l’océan et … le poisson, vous l’aurez deviné.

Autre quartier, autre moment, autre ambiance : le samedi soir dans la rue où se concentrent toutes les discothèques et bars de la ville. C’est noir de monde. Et ici peut importe si tu es maigre ou obèse, jeune ou vieille, mais une chose est certaine, si tu es une fille, le mini-short est de rigueur (ou la mini-robe, mais quelque chose de moulant s’il vous plait !). (( Parenthèse et pensées personnelles : on oublie tout ce que l’on sait ou ce que l’on croyait savoir de la mode et des conventions, on ouvre son esprit très grand ! On réalise alors que ce qu’on nous a dit être vulgaire ou de mauvais-goût n’est valable que dans notre petite société, dans notre petit monde mais que ce ne sont en aucun cas des règles divines et universelles. Qu’il existe d’autres endroits sur terre où les choses sont différentes et où H&M est inconnu au bataillon. Notre style et nos codes vestimentaires, les gens s’en tamponnent le coquillard ici donc pas la peine de sortir sa panoplie de jeune branché, d’artiste désabusé ou de reine de la fashion week parisienne. Et c’est merveilleux de réaliser tout ça ! Fin de la parenthèse)). C’est un véritable hommage qui lui est rendu (au mini-short). Je n’en avait jamais autant vu de ma vie. Et j’avoue que ça fait du bien de voir des fesses de tous les gabarits moulées dans des shorts trop petits sans aucune honte ni complexe. Et sans aucun commentaire déplacé de la part des garçons (ni des filles d’ailleurs). Pas comme dans certains pays (suivez mon regard) où on doit supporter les regards et remarques dès qu’on ne rentre pas dans le moule (moulée, moule, vous avez remarqué ce magnifique jeux de mots ou pas ?) ou que l’on s’habille comme on veut. Bref, mes réflexions hyper profondes sur les sociétés et le corps de la femme se sont rapidement noyées dans ce mélange de cumbia et de reggaeton si caractéristique de l’Amérique latine. Une sorte de bande-son du voyage en temps réel (et à plein volume). À l’intérieur des clubs, les couples dansent collés-serrés. Les gens aiment et savent danser, et ils sortent principalement pour le plaisir de danser. Et ça se voit.

15141312108765432

 

 

bellepanorama

Travel, Culture and Photography blog. www.bellepanorama. com

Une réflexion au sujet de « Manta : le thon et les mini-shorts »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s