C’est à pieds que l’on arrive en Équateur

Après une longue nuit passée dans un bus roulant à une allure démesurée, rebondissant sur les nombreux dos d’ânes, et tournoyant sur les routes colombiennes, nous arrivons au petit matin à Ipiales, tout près de la frontière avec l’Équateur. Les yeux encore à demi fermés, les passagers replient leurs couvertures et remballent leurs affaires. C’est le moment où je me dis toujours qu’on ne reverra jamais ces gens avec qui on a passé plus de 12 heures dans ce tout petit espace. C’est quand même quelque chose, de passer autant de temps collés les uns aux autres. Surtout quand on a eu l’impression d’être passé à côté de la mort des dizaines de fois lors de ces 12 heures. Sans rigoler, comme il faisait nuit noire dehors et que je n’y voyais donc rien par la fenêtre, j’ai parfois eu l’impression d’être sur des montagnes russes. Exactement les mêmes sensations, je vous jure, pas la peine d’aller dans un parc d’attraction. J’ai même cru à un moment que le bus s’était envolé dans les airs et que l’on volait. Bref, ça rapproche tout ça. On ramasse la bouteille d’eau du voisin qui glisse sous un siège, une mère nous pose son bébé dans les bras le temps qu’elle mouche son plus grand, on demande en urgence un sac plastique que l’on tend à la jeune fille assise derrière soi et qui n’a pas particulièrement apprécié la conduite sportive de notre conducteur. Bref, tout ça pour dire que j’ai toujours un petit pincement au cœur lorsque c’est le moment de sortir du bus et que tout le monde se sépare et disparaît, chacun vers sa destination, chacun retournant à sa vie et à ses occupations. Oui je sais, c’est étrange. Nostalgie instantanée. La gare de bus est déjà animée à 6h du matin. Les enfants courent partout, les bébés pleurent, ils ont faim, soif, froid, ou sont juste fatigués. Tout comme leurs parents et je crois, comme l’ensemble des personnes présentes ici à ce moment précis.

Pas la peine de s’attarder, on saute (pas vraiment) dans un taxi qui nous amène à la frontière. Là, il y a déjà pas mal de monde. On reconnait certaines têtes, nos compagnons du bus de nuit (ce qui me réjouis, rapport à ce que je vous disais plus haut). On fait la queue à la douane colombienne pour faire tamponner notre passeport. Puis on traverse un grand pont, qui sépare l’Équateur de la Colombie. J’adore ce sentiment : traverser les frontière à pieds. C’est toujours un petit évènement pour moi. Des dizaines de personnes s’approchent de nous :  » Quieres US Dollars ? Cambiar dinero ? « . Ils ont des liasses énormes de dollars américains dans la main. En Équateur c’est la monnaie. Et en Équateur ce sont ces personnes qui font office de bureau de change. On refait ensuite la queue (mais beaucoup plus longtemps cette fois-ci, je me disais aussi que c’était étrangement rapide ce passage d’un pays à l’autre ), pour rentrer en Équateur et obtenir le petit tampon dans le passeport (ce qui représente aussi toujours un petit évènement pour moi), (quand j’y repense je me dis que cette journée fut une véritable réussite : deux évènements qui me mettent en joie et il n’est pas encore 9 heure du matin). Bref, nous voici en Équateur. Notre deuxième pays en Amérique du sud. Mais pas le temps de s’attarder, on grimpe déjà dans un autre petit bus surchargé qui nous amène à la prochaine ville après la frontière.

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bellepanorama

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