Le marché de la débrouille à La Havane

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Faire ses courses à Cuba n’est pas de tout repos. Il faut se lever tôt pour trouver quelques morceaux de viande et des œufs. On ouvre grand ses yeux dans la rue, à l’affût d’un petit magasin ouvert, de quelques boîte de conserve que l’on aperçoit derrière un rideau de fer à moitié baissé. On cherche les gens qui rentre chez eux avec un sac plein à la main, synonyme potentiel d’un endroit où l’on pourra acheter quelque chose aujourd’hui. Nous ne sommes que de passage. Mais pour les cubains c’est comme ça tous les jours. Au marché, il faut fouiller longtemps dans l’énorme tas de tomates pour en trouver une un peu moins verte que les autres et pas complètement éclatée. Les salades ont l’air bien fatiguée. Et surtout il n’y a pas de choix. C’est ça que les cubains doivent manger, et qu’ils payent à prix fort. Un jour on croise deux femmes avec des cagettes de douzaines d’œufs sous le bras. Ni une ni deux, on va leur demander où elles ont trouvé ça. « Mi amor, sur le ton de la confession, c’est dans un hangar à 3 rues d’ici, tu tournes derrière l’immeuble bleu, tu vas voir un endroit qui semble abandonné, et ben c’est là « . Merci du conseil. D’autres leur demandent aussi. Dans ce fameux hangar, c’est l’effervescence. En plus aujourd’hui il y a des bouteilles de rhum blanc à un prix défiant toute concurrence. Les gens attendent en ligne, avec leur sac en plastique à la main. On trouve les œufs, mais aussi du thon et même des épices. C’était le plan du siècle cet endroit. On paie en CUC, le peso cubain convertibles qui remplace le dollar US banni dans le pays, et on nous rend la monnaie en moneda nacional, en pesos cubains. 1 CUC vaut à peu près 25 pesos. Deux monnaies, deux économies.

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À l’intérieur des épiceries, il y surtout du lait, de l’huile, des haricots et des bananes plantains sur les étagères. Parfois, la caissière ne nous laisse rentrer que deux par deux, les autres attendent derrière que ça soit leur tour. Ici on fait la queue pour tout, longtemps.  Ça devait ressembler à ça en Union soviétique aussi. Sauf qu’ici le système de rationnement à duré plus longtemps que partout ailleurs. C’est un moyen parfait pour une dictature de contrôler et de faire obéir sa population. De garder les pauvres, pauvres. Pendant plus de 50 ans, la nourriture était rationnée et les cubains devaient utiliser ce qui s’appelait cyniquement le  » Livret de Fourniture « . Un carnet de rationnement en fait. Pour nous, c’est inimaginable. Et les touristes qui sont venus à Cuba en voyage organisé n’auront jamais l’occasion de voir cette réalité. Les cubains sont les rois du système D, du marché noir, du troc. De la débrouille. On trouve des moyens détournés pour avoir ce dont on a besoin.

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